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Jan 24 2009

French Artist Showcase / Brighton, UK / 23 Jan ‘09

Published by florit0 under Uncategorized Edit This

Il faut une certaine pointe de courage ou d’imbécillité pour oser sortir seul un vendredi soir. Surtout en étant déprimée, car on lance alors de stupides projections et on s’impatiente. C’est surement un mélange de désespoir et de curiosité, en plus de l’envie de faire croire à un semblant de vie extérieure et de me reconnecter avec mon pays, qui m’a poussé à assister à ce concert tardif.Intitulé French Artist Showcase, le concert gratuit présente François and the Atlas Mountains et Curry and Coco, dans une salle de cinéma où je m’installe après une petite bière pas terrible et une cigarette taxée.Les gens sont donc assis devant François et tout son matos qui a déjà démarré.Derrière lui, un écran carré renvoi des images comme gravées sur une bande, qui s’animent inlassablement, se répétant dans toutes les couleurs possibles. Un homme qui chante, un homme dehors, un homme qui vit, un homme au sol. Un homme qui saute dans le vide, un homme qui saute dans le vide, un homme qui saute dans le vide. Puis il met et retire ses chaussures pendant des secondes, un pas en avant, un pas en arrière. Un visage qui se dédouble, apparaît, disparaît.François est là, mais personne ne fait attention, personne ne se doute que ça vient de lui, personne n’est pas subjugué et personne ne le sait. Il est seul vivant dans cette salle saturée de sons car il est debout, nous fait face et nous défie de ne pas ressentir. Il s’agite avec sa guitare, son clavier, sa cannette de cuisine musicale, son harmonica, ses deux micros. Il s’agite devant nous, des immobiles conquis qui s’expérimentent eux-mêmes à travers cette musique expérimentale.Mais chaque note est un couteau qui me transperce, une émotion refoulée qui s’échappe sous le flux des basses qui font trembler mon cœur et s’effondrer mes dernières défenses. Je suis touchée et abattue, je suis au sol dans mon siège.Pourtant, il part déjà et ce n’est pas un soulagement mais une peine que de ne plus souffrir si magnifiquement.La pause est meublée par un patchwork de musiques françaises plus ou moins flatteuses, qui va de Yelle ou Philippe Katerine à Housse de Racket et les Rita Mitsouko.Enfin, le deuxième groupe, Curry and Coco, prend place et modifie l’ambiance en ramenant sur terre ceux qui avaient encore la tête dans les Atlas Mountains, à grand coups de claviers et batterie. Leur énergie et leur plaisir sont communicatifs et bientôt, une vingtaine de personnes s’activent entre les rangées de sièges.Les autres sont collés au fond de leur siège par la force et la puissance du son. Nous nous retrouvons pris dans un tsunami musical où chaque note s’écrase comme une vague sur chaque centimètre carré de nos corps imbibés et débordants de rythmes. Alors, l’air s’électrise dans l’obscurité où plus personne n’a vraiment de visage.Mais ces souvenirs, comme trop improbables ou irréels, commencent déjà à disparaître.

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